samedi 26 novembre 2011

Dictionnaire amoureux du Brésil


"Je connais le Brésil depuis soixante ans, jour pour jour. Il m’a toujours étonné et surpris, parfois énervé, sans me décevoir jamais. Ce dictionnaire voudrait donner à voir ses forêts du début des choses, ses eldorados, les déserts écorchés du Nordeste, la douceur de ses habitants et leurs cruautés, la volupté de Rio, de Brasilia, de Sao Luis, les fêtes et les sambas, les fascinants poissons de l’Amazone, l’aventure du caoutchouc, du café et de ce bois écarlate qu’on appelle « le bois brésil ». Comme je fréquente ce pays régulièrement, je l’ai peint avec mes souvenirs. Je montre ses images. Je me rappelle ses odeurs et ses orages. Parallèlement, je parcours son histoire dont nous ne connaissons en Europe que des bribes, et qui fut brutale et fastueuse. Je parle également du Brésil d’aujourd’hui, partagé entre l’horreur des favelas et l’impatience d’un peuple qui, pour la première fois peut-être, sait qu’il est en charge de son propre avenir. C’est cela, être amoureux d’un pays. 


J'ai reçu ce livre en cadeau de mariage d'une tante, amie de l'auteur. J'étais un peu perplexe quant au titre. Je n'avais pas l'habitude de lire des dictionnaires comme on lit un livre. Or, ce dictionnaire est un livre de nouvelles sociologiques, historiques et surtout magiques sur le Brésil. Gilles Lapouge raconte son Brésil avec un style authentique, délicat et plein d'humour. Il a une plume merveilleuse d'un journaliste qui a "arpenté" plus d'une page. Et il dit presque tout. Au fil des pages, je me disais "ah mais c'est çà" ou "mais bien sûr, c'est tellement çà"....Et puis un jour j'attendais l'avion à Santos Dumont à Rio et au même moment je lisais un paragraphe sur cet aéroport. J'avais l'impression de faire partie du livre. Ce sont des histoires qui donnent envie de rencontrer l'auteur. Parfois, alors que je le lisais dans le métro, j'avais envie qu'il soit là ou des amis à lui reconnaissent le livre, juste pour en parler ! C'est une thérapie du Brésil. Depuis je le conseille à tous les "neo brésiliens", passionnés du Brésil et voyageurs de passage.

Bernard Pivot a publié une très belle critique dans un meilleur style que le mieux de ce livre le 4 juin dernier.

G.L Gilles Lapouge est journaliste au quotidien O Estado de Sao Paulo. Parmi ses livres, on peut citer Equinoxiales, qui relate un voyage solitaire dans le Nordeste brésilien, la Mission des frontières, une épopée baroque située dans la jungle amazonienne au XVIIe siècle, mais aussi Les Pirates, Le bruit de la neige. Parmi des titres plus récents, on peut citer L’encre du voyageur (prix femina de l’essai) et La Légende de la géographie.

vendredi 28 octobre 2011

Ocupa Rio








 Le mouvement OCUPA RIO a débuté le 15 octobre après une manifestation de la société civile. Il est né á partir de la réflexion d'un mouvement global d'insastifaction du système politique et économique actuel. 
Depuis le 22 octobre, plus de 65 tentes occupent une place centrale de Rio de Janeiro á Cinelandia. Tousles jours circulent plus de 250 personnes. Les participants s'organisent en groupe de travail au sein desquels ils débatent des thèmes d'actualité tels que l'implantation d'une usine hydroélectrique en Amazonie (Belo Monte), les travailleurs de rue, l'alimentation, la sécurité, le corps et les rêves,etc. Ils font aussi des "happening" tels que "des chocs d'amour et de câlins: dès le feu passe au rouge, les gens font des rondes de câlins devant les voitures..."
Tous les jours á 19h, une assemblée générale est ouverte á la participation de tous. Les membres du mouvement font des propositions pour la continuité du mouvement et l'organisation de l'occupation.
Malheureusement, les medias ont eu une couverte plus que sommaire de l'évènement, les matchs de foot et les trafficants tués sont bien plus intéressants qu'un mouvement de conscientisation politique!

mardi 11 octobre 2011

Micro-trottoirs brésiliens

 Je travaille près d'un grand centre commercial et quand c'est la deuxième que je suis interrogée par des journalistes de la chaîne REDE RECORD pour une émission intitulée "FALA QUE TE ESCUTO" (Parle que j'écoute). J'ai du donc donné mon avis sur:
- "Le suicide, fin des souffrances ou début des problèmes?" en arrivant le matin, c'est-á-dire au réveil!
- "Les hommes ne pleurent pas par amour: Mythe ou vérité?, en sortant du travail un vendredi soir, c'est-á-dire fatiguée...
Je suis partie en souriant en me disant que c'était ça le Brésil, toujours des moments insolites! plein de surprises au quotidien.

J'ai cherché la définition Wikipédia:
le micro-trottoir est une technique journalistique qui consiste à interroger des personnes ciblées, le plus souvent dans la rue, pour leur poser une question et collecter leur opinion spontanée sur un sujet.
La question est toujours la même pour chaque personne interrogée. Elle peut être fermée, c’est-à-dire demander une réponse qui soit « oui » ou « non » ou encore « pour » ou « contre » avec une argumentation ; ou alors ouverte, c’est-à-dire demander des réponses développées, par exemple : « que pensez-vous de... », « que faut-il faire pour... ».
Par la spontanéité implicite des réactions obtenues, un micro-trottoir sert à donner un aperçu de l'opinion publique dans des domaines variés, par exemple l'opinion sur un pays, ou bien une idée politique.

El derecho al delirio, Eduardo Galeano


Trés beau texte pour un autre monde possible

Texto muito lindo porque outro mundo é possivel

mercredi 5 octobre 2011

Souvenirs de finance


Il y a quelques jours un lexique de la finance a été publié dans le monde : Les mots de la finance. L'occasion de partager avec vous mon expérience de la finance. En 2008, j'ai fait un stage de 7 mois dans une banque. Ci-dessus ce que j'ai écrit á ce sujet á l'époque:
Il a fallu choisir…un stage !
Je déteste choisir. Je ne sais jamais quoi choisir.
Je choisis en fonction de « mon feeling » aux entretiens.
Aussi, un mercredi matin de février, je me suis rendue à un entretien pour être analyste ISR (Investissement Socialement Responsable), offre à laquelle j’avais postulé par hasard car c’est « éthique » mais c'est  dans une banque…..
Vincent, un ami proche, avait réussi à la fois à me faire détester encore plus la finance et à éveiller en moi une curiosité vis-à-vis de ce monde « à part ».
A l’entretien, j’avais peur qu’ils me posent des questions précises, j’ai bien insisté sur le fait que ce que je préférais dans ISR était SR…Ils ont noté dans mon CV des éléments de mon parcours jusqu’à là jamais mentionné : « mon Diplôme de Français Langues Etrangères ». Ils ont été très accueillants mais je ne m’imaginais pas dans ces bureaux lá.C’était bien trop calme, trop austère, c’était tout simplement une banque. 
Quelques jours plus tard, j’apprends que je suis prise et qu’il faut que je donne ma réponse au plus vite. Martine, la responsable, m’explique dans les détails en quoi ce stage pouvait m’être intéressant mais surtout « que je ne stresse pas » que je passe un bon week-end ; j’ai beaucoup apprécié son attention et j’ai senti que c’était une personne non seulement intelligente mais aussi attentionée. J’ai accepté le stage quelques jours après. J’ai attendu jusqu’au dernier moment pour signer la convention mais je m’y suis rendue comme prévu le 21 avril.

Premier impression : « plus que 110 jours entiers ici à la CIC CM asset management » 4 rue Gaillon près de l'Opéra.
 Le lieu : l'immeuble est un dédale, plein de bureaux qui se ressemblent, plein de banquiers et autres cadres actifs qui se ressemblent aussi...des tons fades, des tables étroites, une lumière morose, une clim cassée, un bureau petit pour 2, des open spaces,  du calme et des tempêtes….un réfectoire et une cafét’ comme à l’école.Le rush est à 12h30, pas le droit de prendre plus de 2 pains, le café à 40cts, le menu à deux euros. Une machine à café, un distributeur d’eau, de la moquette sale, des cartons qui trainent.
 Les gens : des bandes de copains de classes ou plutôt de services " gestion d"actifs" ou « gestion des taux" ou gestion des...Je suis introduite à tout le personnel de l’étage, le 6ème : gestion des actifs et commercial., « "pauline dewitte, nouvelle stagiaire ISR, elle viendra sûrement vous poser des questions, ca l’intéresse beaucoup ce que vous faites"... « euh..la gestion quantitative ou structurée ?... » « petites valeurs ou midcap ? »…je suis perdue. Quelques yeux se lèvent derrière leurs 2 voire 4 écrans d’ordi. Les commerciaux me serrent la main. Je rougis un peu.
Je découvre le monde de l’entreprise…
10h, pause café : les amis de Thierry (mon collègue, analyste ISR) parlent
de la bourse, du cours des actions…etc… «  Vous imaginez l’action groupama a été vendue à 50 euros et 2 mois après elle n’était plus qu’à 30 euros ? c’est un scandale, n’est ce pas ?.. » J’acquiesce bêtement.
J’avais oublié le fait que faisant mon stage dans une banque, j’allais être forcément entourée de gérants et d’analystes financiers. J’étais restée sur mon nuage ISR= Développement durable.
Le midi, je déjeune avec Thierry et un autre ami à lui dans la finance aussi et il me demande entre 2 sushis "pourquoi la finance?". La finance ?.
Et je lui ai raconté mon parcours : Amérique latine/ socio culturel. Il est resté pensif autant que moi face au cours de la bourse. A la fin du repas, il a dit que j’avais des germes de révolutionnaires…
Depuis, je ne comprends toujours pas la moitié des conversations au café, je préfère presque quand ils parlent foot. Heureusement, Thierry tente de m’expliquer le fonctionnement de la bourse et de la gestion de fonds. Je commence à comprendre les EV, EBITDA, etc….les fonds à coussin, les fonds nourriciers… grâce à la bible de la finance : le fameux livre vert : Vernimmen !

Et si la finance avait un tel vocabulaire spécifique que j’ai eu la même impression de dépaysement qu’au Brésil sans le côté exotique car c’est une autre langue, un autre monde et je me demande régulièrement « qu’est-ce que je fais là ? »
Alors, c’est un voyage parisien dans un petit pays du monde « banque » que j’ai entrepris, le défi étant de parler leur jargon, de découvrir le monde de l'entreprise et d'analyser les entreprises vertes! C’est une expérience unique!

Je suis en stage depuis un mois maintenant, je commence à être efficace dans mon travail même si je fais encore souvent semblant de comprendre quand ce n’est pas le cas…et Thierry, avec qui je partage le bureau, m’a adopté : entre 2 cours et avis sur la bourse, nous nous échangeons des recettes de cuisine, parlons éducation, histoire, économie, repassage, astrologie, etc….et surtout, nous rions sans aucune pudeur !
Thierry : « moins 2 ! »
Moi : quoi ? il va faire moins 2 ?...
Thierry : le cours ! n’oubliez pas que vous êtes dans une banque !
 Depuis, je suis toujours en contact avec Martine et Thierry avec qui je déjeune lors de mes passages parisiens. Martine me transmet toujours des newsletters sur le marché ISR que je lis régulièrement et n'hésite pas á m'aider ou á me recommander lors de recherches d'emplois.
Quand j'ai dit á Thierry que je partais vivre au Brésil il y a deux ans, il m'a répondu "Enfin, Pauline, soyez réaliste, vous n'aviez jamais posé votre baluchon ici". Il m'avait bien cernée, n'est-ce pas Thierry?